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8/09/2003 • 14h51

L’Australie et l’Espagne dans la course aux virus génétiquement modifiés

Après les OGM, des VGM bientôt lâchés dans la nature ?

Après les OGM, qui désignent à la fois les aliments et les animaux génétiquement modifiés, c’est au tour des VGM (pour "virus génétiquement modifiés") de faire l’objet d’une polémique. Si la plupart des scientifiques envisagent les VGM comme une technique potentiellement intéressante pour lutter contre certaines maladies humaines, ils se divisent en revanche sur leur capacité à réguler correctement des populations entières d’animaux. La technique des VGM, loin d’être maîtrisée, peut en effet provoquer des dégâts irréversibles sur l’environnement, à l’échelle de la planète. Politiques et législateurs doivent se pencher sur cette question brûlante au plus vite, alors que l’Australie et l’Espagne s’apprêtent à lâcher des VGM dans la nature pour contrôler les populations de lapins sauvages qui peuplent leur territoire.

En Australie, depuis son introduction au milieu du XIXe siècle, le lapin n’a cessé de proliférer. Il représente aujourd’hui un véritable danger pour l’environnement, l’agriculture et l’économie du pays.

Jusqu’à présent, les nombreuses tentatives pour repousser ou éradiquer l’animal sont restées vaines. Une situation qui pourrait prendre fin avec la découverte des chercheurs australiens du Pest animal control. Ces derniers ont mis au point un virus génétiquement modifié, dérivé de la myxomatose, destiné à stériliser l’envahisseur.

Des tests vont être menés sur le terrain durant les deux prochaines années et les chercheurs espèrent que leur VGM sera utilisé à large échelle d’ici cinq ans.

En Espagne, des chercheurs ont également développé un virus génétiquement modifié. Cette fois, il ne s’agit pas d’empêcher la prolifération des lapins sauvages mais de les vacciner contre la myxomatose. La maladie ravage l’espèce, et les spécialistes espagnols craignent des conséquences désastreuses sur l’environnement.

Les scientifiques à l’origine du VGM anti-myxomatose ont mené des tests concluants sur une île au large de l’Espagne. Suite à ces résultats, les autorités espagnoles attendent une autorisation européenne afin de disséminer leur VGM à grande échelle.

Convoyeur de gènes

Un VGM est un virus dont le patrimoine génétique a été altéré. Sa capacité d’infection lui est retirée, tandis qu’un ou plusieurs gènes, qui présentent un intérêt, lui sont ajoutés : son rôle consiste seulement à transporter des gènes dans un organisme.

Le virus a pour capacité naturelle d’introduire son patrimoine génétique au sein des cellules dans lesquelles il pénètre. Le virus se sert ensuite de son hôte pour se multiplier puis "contaminer" d’autres cellules.

Dans le cas du virus australien, le gène ajouté provoque une destruction des cellules reproductives fécondées. Le virus espagnol, quant à lui, protège les lapins de la capacité infectieuse de la myxomatose.

En théorie, le VGM est donc un moyen efficace d’intervenir sur les gènes d’hommes ou d’animaux. Mais cette méthode, encore mal maîtrisée, soulève de nombreuses questions qui divisent la communauté scientifique.

En premier lieu, on sait que les virus voyagent. Certains d’entre-eux se transmettent de l’animal à l’homme et traversent ainsi les continents de manière très rapide et incontrôlée. Ils peuvent donc affecter les populations animales d’autres pays que ceux pour lesquels ils ont été conçus.

S’il était autorisé, le virus espagnol pourrait par exemple rejoindre le sol australien et vacciner les lapins contre la myxomatose, tandis que le virus australien pourrait détruire totalement la population de lapins sauvages de la péninsule ibérique.

En second lieu, les virus, qui se répliquent rapidement, sont dotés d’une grande capacité de mutation. Conséquence : il est particulièrement difficile de maîtriser la stabilité des informations génétiques qu’ils transmettent.

Comme l’explique Jean-Michel Heard, directeur de l’unité rétrovirus et transfert génétique à l’institut Pasteur, "le génome d’un virus n’est pas stable, et quand un virus se réplique, c’est par millions. Lorsque les multitudes de copies d’un virus sortent d’une cellule précédemment infectée, les chances qu’au moins un des exemplaires soit différent de l’original sont proches de 100 %."

Dans la nature, le VGM se lâche

De plus, si les chercheurs ne maîtrisent pas la stabilité du VGM lorsqu’il sort de la cellule dans laquelle il a été introduit, ils ne maîtrisent pas non plus totalement son comportement lorsqu’il est lâché dans la nature.

"Si on sait à quoi ressemble le virus au moment où il touche sa cible, personne ne sait à quoi il ressemblera une fois en libre circulation. Et ce n’est pas parce qu’il fonctionne très bien dans un laboratoire qu’il fonctionnera à l’identique dans la nature" souligne Jean-Luc Darlix, directeur de l’unité de Virologie Humaine à l’Inserm (l’Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale).

Cette forte variabilité peut provoquer deux effets non prévus et non souhaités par les chercheurs. Il est possible, d’une part, que le VGM ne soit efficace que très peu de temps.

"Sa durée de vie est très courte, explique Jean-Luc Darlix. Si on se réfère au cas des VGM expérimentaux créés afin de soigner les malades du sida, on se rend compte qu’ils ne sont pas suffisament efficaces parce que le virus sauvage (le VIH, Ndlr) finit toujours par prendre le dessus".

D’autre part, il n’est pas inconcevable qu’un VGM mutant puisse atteindre une autre espèce que celle initialement visée...

Plus de risques que de bénéfices

Pour Jean-Michel Heard, l’aspect incontrôlable des VGM ne justifie pas leur utilisation dans le cadre de régulations de populations animales.

Le chercheur, qui craint les possibles dérives inhérentes à cette technique, rappelle "qu’il existe des méthodes plus simples et plus sûres pour contrôler les populations animales".

Un avis partagé par Jean-Luc Darlix, qui remet également en cause l’intérêt de ce type de recherche, même s’il semble moins inquiet que son confrère quant aux conséquences secondaires liées à l’utilisation des VGM : "ce que fait l’homme en matière de virus par rapport à ce que peut faire la nature, ce n’est pas grand chose !"

Les VGM seront-ils bientôt lâchés dans la nature ? En ce qui concerne le VGM espagnol, son avenir semble compromis. Le gouvernement espagnol est en effet sous l’autorité de l’Agence européenne d’évaluation des médicaments, dont la réglementation en matière d’OGM est très stricte.

En revanche, la situation australienne est différente. Tant que l’organisation mondiale pour la santé animale n’a pas statué sur le cas des VGM, la décision d’utiliser ce virus dépend du seul gouvernement australien.

Le site du Pest animal Control:
http://www.pestanimal.crc.org.au/

European NGO Network on Genetic (informations sur les recherches espagnoles)
http://www.genet-info.org/

 
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