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Le lundi 8 janvier 2001.
Économie /
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Le groupe italien rachète Liberty Surf à ses deux principaux actionnaires, Kingfisher et Europatweb. Et compte devenir l’équivalent d’AOL en Europe. Mais les petits actionnaires se rebiffent.
L’opération se fera sous forme d’échange d’actions, accompagné d’un versement en cash. En paiement des 72,94 % du capital qu’elles détenaient à parité, Kingfisher et Europatweb recevront 0,365 actions Tiscali, plus 2,13 euros par action Liberty Surf, soit 71 millions d’euros chacun ( 468 millions de francs). La même offre sera faite à l’ensemble des actionnaires de Liberty Surf. À l’issue de l’opération, Europatweb et Kingfisher détiendront chacun 3,6 % du capital de Tiscali, aux côtés des principaux actionnaires, le fondateur, Renato Soru (31,6 %), la fondation Sandoz (17,8 %) et Reggeborgh (4 %). Le prix payé pour le fournisseur d’accès cher à Bernard Arnault varie selon les sources : en se fondant sur la base du cours moyen de Tiscali sur les 20 derniers jours de cotation, le communiqué du groupe italien retient 900 millions d’euros (5,9 milliards de francs). En s’appuyant sur les cours des deux groupes vendredi dernier, l’agence Reuter retient, elle, une valorisation de...645,5 millions d’euros (plus de 4,2 milliards de francs). Un Tchèque avec provisions Quoiqu’il en soit, en croquant ainsi les 900 000 abonnés actifs du deuxième fournisseur d’accès français, derrière Wanadoo (filiale de France Telecom), l’opérateur italien poursuit sa course à la taille critique européenne. Et il reste au contact de ses principaux compétiteurs européens, qui tous trois bénéficient de l’appui d’opérateurs historiques sur le marché des télécoms : l’espagnol Terra-Lycos, l’allemand T-Online, et le français Wanadoo. Grâce au récent rachat du hollandais WorldOnline, en décembre 2000, faisant suite à des acquisitions-éclairs en Suisse, en France, et alors que la reprise du fournisseur d’accès allemand AddCom est en cours, Tiscali revendique 4,9 millions d’abonnés actifs à la fin décembre et la deuxième place en Europe. Un bilan plus qu’honorable, pour une société créée en 1997 et qui a démarré dans la fourniture d’accès en République Tchèque ! Introduit au nouveau marché de Milan à l’automne 1999, le groupe, aujourd’hui présent dans quinze pays, vise désormais le leadership en Europe. Il table sur 9 millions d’utilisateurs à la fin 2001. Après avoir enregistré au premier semestre 2000 une perte nette de 36,31 millions d’euros (pour 68,6 millions d’euros de chiffre d’affaires), Tiscali espère atteindre le milliard d’euros de chiffre d’affaires à la fin de l’année. Son directeur général James Kinsella, prévoit un EBITDA (résultat avant impôts, amortissement et éléments financiers) positif dès cette année et un résultat net positif en 2002. Petits actionnaires et salariés mécontents En revanche, pour Liberty Surf, le bilan est plus mitigé. Depuis son introduction en Bourse à Paris, en mars dernier, à 41 euros par action, le titre n’a cessé de déraper, jusqu’à 7 euros vendredi dernier. Une explication à l’absence de Bernard Arnault à la conférence de presse du 8 janvier ? 160 petits actionnaires, qui s’estiment floués, ont d’ores et déjà annoncé qu’ils entendent porter plainte. Ils comptent aller se manifester à l’assemblée générale de Liberty Surf, jeudi 11 janvier. Lundi 8 janvier, le cours de Liberty Surf a clôturé en baisse de 8,57 % , à 6,4 euros. Tandis qu’à Milan, celui de Tiscali baissait de 1,71 %, à 13,39 euros. Par ailleurs, et alors que l’acquisition de Freesbee continue de faire des vagues au sein du groupe présidé par Pierre Besnainou, certains salariés de Liberty Surf peuvent aussi se faire quelques soucis. "En France, environ 80 millions d’euros d’économies sont attendues en 2001", a chiffré Renato Soru. La marque elle-même, paraît en sursis : "Nous travaillerons à terme avec une seule marque ombrelle", a-t-il avoué. retour | Tous droits réservés | © Transfert.net
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