Le vendredi 22 juin 2001.
Société /

Infoguerre (3/3) : Où est le problème ? Combien ça coûte ?

  

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Où l’on apprend que les entreprises n’ont pas peur des pirates s’ils ne leur coûtent pas trop cher. Et que, plus que de cyberterrorisme, il serait convenable de parler de cyberdélinquance.

Internet Security Systems, multinationale de la sécurisation des systèmes d’informations, organisait, lundi18 juin un dîner-débat intitulé "Cybercriminalité, Paranoïa ou réalité ?"

. Christian Harbulot (voir "La France parle aux français" ) s’était désisté au dernier moment, mais pas Daniel Martin (voir La manipulation de l’information tient salon ), non plus que Jean Guisnel, journaliste au Point et auteur de "Guerres dans le cyberespace" , l’un des tous premiers ouvrages sur la question. Prenant le contre-pied de ceux qui cherchent à noircir le tableau, afin de renforcer l’arsenal judiciaire et policier, ainsi que le chiffre d’affaires des sociétés de sécurité, le journaliste reprend pied à pied les termes du débat.

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Les pirates informatiques sont d’utilité publique

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Alors que médias et professionnels confondent à l’envi les termes "hackers" et "pirates", Guisnel rappelle d’emblée que les premiers sont des experts, et les seconds des délinquants. Avant d’enchaîner sur le fait que 80 % des actes de piraterie informatique émanent de personnes travaillant au sein même des sociétés piratées. Quant au virus ILOVEYOU, qui défraya la chronique et est systématiquement accolé au terme "cybercriminalité", Guisnel rappelle qu’il ne fallut jamais que 15 minutes aux éditeurs d’antivirus pour en venir à bout. Et on sait aujourd’hui que MafiaBoy, accusé d’avoir piraté plusieurs sites phares de la nouvelle économie américaine a occasionné moins de dégâts que ceux qui lui furent imputées : les estimations sont passées de 1,7 milliards de dollars à... 10 millions, chiffre qu’il faudrait encore revoir à la baisse . Devant l’enflure des propos, Guisnel préfère ainsi parler de "cyberdélinquance" que de cybercriminalité : le degré d’atteintes aux biens et personnes n’est pas le même, et il ne sert à rien de noircir le tableau. Poussant la logique, le journaliste avance même que "les pirates informatiques sont des agents d’utilité publique, ne serait-ce que pour les boîtes de sécurité, qui voient ainsi leurs chiffres d’affaires grimper en flèche."

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