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Le jeudi 6 février 2003.
Économie / Etats-Unis / Environnement
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L’administration Bush va investir $1,2 milliard (€1,1 milliard) dans le développement de moteurs à hydrogène, une technologie "propre" assez avancée pour être capable de remplacer un jour les moteurs à essence. Le gouvernement américain présente la subvention de la recherche sur l’hydrogène comme un contrepoids à son refus de signer le protocole international de Kyoto sur la réduction des gaz à effets de serre. Dans son discours sur l’état de l’Union, mardi 28 janvier, Georges W. Bush s’est dit prêt à aider l’industrie automobile américaine afin "que la première voiture conduite par un enfant qui naît aujourd’hui puisse être une voiture à hydrogène, inoffensive pour l’environnement." Il existe déjà dans le monde plusieurs dizaines de prototypes de voitures à hydrogène, un mode de propulsion qui produit de l’électricité et dégage de l’eau, mais pas de gaz à effet de serre. Contrairement aux véhicules à essence, ces nouveaux moteurs n’émettent pas de CO2, principal polluant responsable du réchauffement climatique. Plusieurs constructeurs, dont Daimler-Chrysler, Ford et General Motors, comptent commercialiser les premières voitures à hydrogène d’ici à 2008. Mais aucun passage à une production en grandes séries n’est envisagé avant au moins dix ans. La manifestation de bonnes intentions écologiques du gouvernement américain est en partie en trompe-l’œil. Les fonds débloqués en faveur de l’hydrogène remplacent un autre programme écologique adopté par Clinton en 1993, qui encourageait la construction de moteurs moins gourmands en essence. Ce programme devait permettre de ramener la consommation en carburant des voitures neuves américaines à moins de trois litres pour cent kilomètres d’ici à 2005. Il est abandonné sans avoir pu ne serait-ce qu’approcher cet objectif. L’hydrogène est présent en abondance dans la nature, notamment, dans l’eau. Mais pour que le plus simple des éléments chimiques puisse être exploité et stocké, il doit d’abord être séparé de l’oxygène, ce qui requiert de l’énergie - de l’électricité. Si les Etats-Unis choisissaient de faire de l’hydrogène un carburant réellement propre, ils devraient commencer par faire une place bien plus importante qu’aujourd’hui aux sources d’énergies électriques renouvelables, comme les barrages, les fours solaires ou les éoliennes. Or avec le quart des émissions mondiales de CO2, les Etats-Unis demeurent - et de loin - les principaux producteurs mondiaux de gaz à effet de serre. L’administration Bush a également annoncé jeudi 30 janvier, son intention de rejoindre le programme international de recherche sur la fusion nucléaire, une source d’énergie quasi-inépuisable et ne produisant pas, en théorie, de déchets polluants. Les Etats-Unis s’étaient retirés de ce programme en 1998 pour cause de coupes budgétaires. La recherche sur la fusion nucléaire, à laquelle sont déjà associés l’Union Européenne, le Japon, la Russie et le Canada, reste à plusieurs décennies d’une éventuelle mise en œuvre industrielle.
Le discours de Bush sur l’état de l’Union:
Un site de veille technologique sur les moteurs à hydrogène:
Le site du programme international de recherche sur la fusion
nucléaire:
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