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Le mardi 11 mars 2003.
Économie / Europe / Génétique / Environnement / Santé
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Trois associations de défense de l’environnement s’élèvent contre les récentes positions de la Comission européenne en matière de réglementation des cultures OGM. Le 3 mars 2003, les Amis de la Terre, Greenpeace et le Bureau Européen de l’Environnement ont publié un communiqué commun accusant la Commission européenne de "se défiler de ses responsabilités quant au problème de la contamination génétique dans l’agriculture". Mis en cause : le rapport que Franz Fischler, commissaire européen responsable de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, devait présenter lors d’une discussion visant à "un échange de vues stratégique concernant la coexistence des cultures génétiquement modifiées, conventionnelles et biologiques". Les trois associations, qui ont réussi à se procurer ce rapport un jour avant qu’il ne soit rendu public, critiquent Monsieur Fishler sur trois points. Elles souhaitent tout d’abord que la Commision mette en place des mesures économiques visant à faire payer les producteurs d’OGM en cas de de contamination de cultures traditionnelles ou biologiques. "Au lieu de responsabiliser les producteurs d’OGM en cas de conséquences sur la santé ou l’environnement, Franz Fischler préconise de faire payer les agriculteurs : il offre donc un avantage économique aux producteurs d’OGM", souligne Eric Gall, responsable des questions OGM chez Greenpeace France. D’autre part, Monsieur Fischler stipule que les Etats membres n’ont pas de raison d’interdire les cultures OGM. "Puisque certains OGM sont déjà autorisés en Europe*, la Commission considère qu’ils ne présentent pas de danger pour la santé et que, par conséquent, les Etats Membres n’ont pas à intervenir sur ces cultures. Nous pensons au contraire que c’est aux pays eux-même de prendre un certain nombre de mesures que Monsieur Fischler souhaite attribuer à la Comission européenne. Comme l’établissement de zones sans culture OGM par exemple", note Eric Gall. Enfin, les membres de la Commission européenne ont fait part, à plusieurs reprises, de leur volonté d’établir un seuil de tolérance de contamination des OGM dans les autres types de culture. Baptisé "seuil de contamination fortuite dans les semences", ce quota est perçu par les associations de défense de l’environnement comme "une porte ouverte vers une plus grande tolérance des OGM". Le 17 et 18 mars prochain, un Conseil des ministres européens de l’Agriculture se tiendra à Bruxelles. Les Amis de la Terre, Greenpeace et le Bureau européen de l’Environnement leur demandent "d’exiger une législation contraignante en matière de cultures OGM". Des mesures strictes que certains Etats membres appliquent déjà, à l’image de la Grèce et de l’Autriche, qui exigent un seuil de tolérance OGM zéro dans les semences autorisées. * la culture de certains OGM, tels que des variétés de maïs par exemple, est autorisée en Europe. Mais jusqu’à présent, aucun agriculteur n’a encore choisi ce type de culture, en fonction des faibles débouchés offert par un marché plutôt méfiant envers les OGM.
Le communiqué des Amis de la Terre, de Greenpeace et du Bureau européen
de l’Environnement:
Le communiqué de la Commission européenne:
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