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Le jeudi 3 février 2000.
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Cette année, l’attraction du salon Linux World, qui se tient au Palais des congrès du 1er au 3 février, était sans conteste la présence de Richard Stallman, le gourou du mouvement des logiciels libres. Rencontre.
Grand gourou baba-cool, Richard Stallman porte, sans interruptions depuis le matin, sa parole éclairée à ses admirateurs. Affublé d’un pantalon marron défraîchi et d’une chemise sans forme aux couleurs indéfinissables, il déambule, dans ses moments de repos, en chaussettes trouées. Certains exposants en costumes stricts le fixent, vaguement intrigués. Il s’en moque. Il esquisse quelques pas de danse bulgare - il raffole du folklore -, histoire de se dégourdir les jambes. Il semble tout heureux de pouvoir parler encore et encore de "son combat pour la liberté". Liens de l’article : http://www.gnu.org/people/rms.html Interview )transfert : Que représente, aujourd’hui, pour vous, le mouvement du logiciel libre ? Richard Stallman : Le mouvement du logiciel libre existe pour une idée, un but : montrer aux gens les voies de la liberté. C’est d’ailleurs la philosophie du mouvement. Ceux qui choisissent le système uniquement pour ses avantages pratiques ne peuvent pas être considérés comme faisant partie du mouvement. Car, le grand risque, c’est que ces gens-là acceptent, un jour, des logiciels propriétaires uniquement parce qu’ils sont plus faciles à utiliser, plus fiables, plus pratiques. Les gens qui m’intéressent sont ceux qui utilisent des logiciels libres en apprenant à défendre la liberté car ils resteront fidèles à cette philosophie. La liberté, c’est de diffuser des copies, de sortir et de publier des versions améliorées de logiciels, pour soi mais aussi pour les autres... Le problème avec le succès de Linux, c’est que tout le monde parle du système et de ses avantages, en oubliant ce que cela représente vraiment. Vous luttez justement contre la confusion entre Linux et le mouvement du logiciel libre... Cela vous agace vraiment ? - C’est une erreur tellement commune ! Le mouvement que j’ai lancé et auquel je participe permet de modifier et d’améliorer tout logiciel, grâce à l’accès libre de son code source. La plupart des gens utilisent aussi le terme Linux, tout seul, pour désigner le système d’exploitation. C’est une méprise. Le système d’exploitation c’est, Gnu-Linux. Linux, ce n’est que le noyau du système. De plus, Linux fonctionne avec des logiciels ajoutés qui ne sont pas forcément libres. Le succès de Linux finit par détourner la communauté de son but originel... C’est pour ça que j’essaie de corriger cette idée. Le succès de Linux a pourtant permis de mettre en avant votre mouvement ? - Oui, c’est vrai. Mais, très vite, le mouvement du libre a été relégué au second plan. Au début, nous nous disions que la première étape devait être de faire connaître le système d’exploitation Gnu-Linux afin que les gens l’utilisent. Pendant six ou sept ans, on a effectivement beaucoup travaillé dans ce sens. Et finalement, on a oublié la deuxième étape. On a oublié de promouvoir l’idée de liberté et de faire en sorte que les gens l’apprécient. Il y a eu un vrai déséquilibre. N’y a-t-il pas, alors, une contradiction à vous retrouver ici au salon Linux ? - À partir du moment où l’on me propose une conférence en public, c’est toujours un moyen pour moi de répéter les idées du mouvement. Je suis ici pour défendre une cause pas pour représenter Linux. Et puis j’adore venir en France... retour | Tous droits réservés | © Transfert.net
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