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Mercredi 22 octobre s’achève l’opération de prélèvement de salive sur 1300 détenus incarcérés dans les prisons de Loos-Lès-Lille (Nord), Bordeaux-Gradignan (Gironde), Neuvic et Muret (Dordogne). Largement relayée dans la presse, l’initiative vise à alimenter le Fichier national automatisé des empreintes génétiques (Fnaeg), commun à la police et à la gendarmerie nationale. Créé en 1998, le FNAEG vient s’ajouter aux bases de données déjà existantes : Fichier automatisé des empreintes digitales (Faed), qui concerne plus de 1,6 million de personnes et Système de traitement des infractions constatées (Stic), qui recense toutes les données relatives à une procédure judiciaire, qu’elle concerne un condamné, un suspect ou... une victime. Au départ destiné à prévenir les récidives en matière de violences sexuelles, le Fnaeg a été progressivement étendu aux "actes de barbarie et de terrorisme" puis, après l’adoption en mars 2003, de la Loi sur la sécurité intérieure (LSI) de Nicolas Sarkozy, à "la quasi-totalité des crimes et délits d’atteinte aux personnes et aux biens". Il concerne désormais les personnes condamnées pour simple vol ou dégradation, mais aussi les simples suspects. Effectué sur décision d’un magistrat ou d’un simple enquêteur, le prélèvement est obligatoire. La LSI punit d’un an de prison et de 15 000 euros d’amende le fait de refuser de se soumettre à cette procédure (2 ans de prison et 30 000 euros d’amende dans le cas d’une personne condamnée pour crime). Les données collectées sont ensuite traitées par les services de la police scientifique et technique, mais aussi par un laboratoire privé, l’Institut génétique Nantes-Atlantique (Igna). Pour le ministère de l’Intérieur, l’opération de prélèvement démarrée lundi 20 octobre a pour but de combler le retard français dans ce domaine. Le Fnaeg ne compterait à ce jour que 12 000 empreintes génétiques conservées, alors que "l’objectif" fixé par Sarkozy est de 400 000 entrées en 2004. Lancée en 1995, la base de données ADN de la police britannique contient, elle, le profil génétique de deux millions de personnes. Elle est objet de fierté pour le Home Office et de convoitise pour les pays voisins, dont la France. Depuis novembre 2002, Evelyne Sire-Marin est présidente du Syndicat de la magistrature, qui a combattu le projet de Loi sur la sécurité intérieure. Egalement vice-présidente en charge de l’instruction du tribunal de grande instance de Créteil (Val-de-Marne), elle explique son opposition à l’extension du domaine du fichage. Quel est votre sentiment sur l’opération de prélèvement génétique qui s’achève aujourd’hui ?
Que pensez-vous du développement d’un nouveau fichier ?
Vous dénoncez le fait que l’inscription au fichier génétique demeure. Pourquoi ?
Vous contestez le fait que les prélèvements puissent être effectués sur simple décision de police. Pourquoi ?
Le site du Syndicat de la magistrature:
La présentation du FNAEG par le ministère de l’Intérieur:
La Loi sur la sécurité intérieure:
Le laboratoire du futur prêt à fonctionner (Le Parisien):
La police britannique vante son fichier ADN (Transfert.net):
Le Royaume-Uni songe à ficher l’ADN de ses bébés (Transfert.net):
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