24 04 2014
Retour a la home
Rubrique Économie
Économie
Rubrique Société
Société
Rubrique Technologies
Technologies
Rubrique Culture
Culture
MOTS CLÉS
 
Tous les mots

DOSSIERS...
 Le projet |  L’équipe |  L’association |  Nos outils  | Actualités |  Sources |  Alertes  
Abonnés : connectez-vous

 
Oubli du mot de passe
TRANSFERT S'ARRETE
Transfert décryptait l'actualité des nouvelles technologies, proposait un fil info quotidien et une série d'outils de veille. Notre agence, refusant toute publicité, dépendait de ses abonnements.
  COPINAGES
Jouez sur iPhone à Lucioles.
Sauvez la planète en lisant Terra Eco.
Et pourquoi pas plonger dans Nautilus ?
Ecoutez Routine.
Chiffre du jour
700 000
dépistages génétiques chaque année en Europe, selon la Commission européenne (...)
Revue de Web
 Lindows harcelé
 Cyberdissidents vietnamiens en appel
 Plus de CO2 = moins d’eau potable
Phrase du jour
"Ce service public que nous assurons a besoin de votre soutien pour perdurer"
L’association Inf’OGM, qui justifie la fin de la gratuité de son bulletin d’information (...)

Dossier
Le nucléaire mis au secret
Dossiers récents
 Racisme en ligne : l’affaire Sos-racaille
 Le fichage des passagers aériens
 La bataille des brevets logiciels
 L’impasse énergétique
 L’hydrogène, une énergie (presque) propre
Tous les dossiers
Spacer
Unes de la semaine

lundi 1er/12 Transfert.net

vendredi 28/11 Économie

jeudi 27/11 Société

mercredi 26/11 Culture

mardi 25/11 Économie

Spacer


2/09/2003 • 11h09

Des ONG américaines portent plainte contre deux laboratoires de "biodéfense", jugés dangereux

Ils seront placés dans des sites de recherche nucléaire... Pour plus de transparence ?

Le mardi 26 août, un groupe de sept ONG américaines a déposé une plainte contre le Département américain de l’Energie (DoE), qui construit actuellement deux nouvelles unités de recherche sur les agents biochimiques, au sein de laboratoires très secrets du programme nucléaire américain. Ces extensions sont illégales, avancent les ONG, car elles n’ont pas fait l’objet d’études sérieuses d’impact sur l’environnement et la santé humaine. Déposée devant la Cour fédérale de l’Etat de Californie du Nord, la plainte est aussi un moyen pour les militants de dénoncer le manque de transparence de la politique américaine en matière de "biodéfense" et de réaffirmer son aspect purement "défensif".

Sabotage, accidents de transport, fuite de cobayes, tremblements de terre et attaques terroristes... Selon un groupe d’ONG américaines, le Département de l’Energie américain n’a pris en compte aucun de ces risques sérieusement, quand il a entrepris, fin 2000, de construire deux nouvelles extensions sur les sites californiens de Los Alamos et Lawrence Livermore, deux grands laboratoires connus pour leurs programmes de recherche sur les armes nucléaires. Les deux bâtiments, qui ne sont pas achevés, devraient être opérationnels en juin 2004.

Officiellement inscrits dans la politique de lutte contre le terrorisme du gouvernement américain, ces deux laboratoires seront des unités de recherche de pointe dans le domaine de la "biodéfense". Les chercheurs doivent y manipuler les agents pathogènes les plus virulents (anthrax, peste, botulisme...) pour y trouver des parades et antidotes.

Les "chiens de garde"

Sept ONG américaines, regroupées pour l’occasion, ont déposé le 26 août une plainte contre le DoE. Elles sont emmenées par Tri-Valley CAREs, une association dont les quatre permanents et les 4000 membres revendiqués luttent contre les dérives de la politique nucléaire de George W. Bush. Tri-Valley CAREs "surveille" le site de Livermore. A ses côtés, Nuclear Watch of New Mexico joue le rôle de "chien de garde" sur le site de Los Alamos et sur la décharge locale de déchets nucléaires enfouis en profondeur, unique au monde. Une série d’autres ONG se sont aussi associées à la plainte : Citizens Education Project, Coalition for a Safe Lab, Council for Responsible Genetics, Physicians for Social Responsibility et le Sunshine Project, dont les experts indépendants dénoncent régulièrement les abus du programme américain d’armes biochimiques (lire notre article).

Le but de la plainte : obliger le Departement de l’Energie à mener des études approfondies sur la sécurité des deux sites en contruction. La loi de protection de l’environnement (National Environemental Protection Act) prévoit qu’une "évaluation d’impact environnemental" soit menée pour ce genre de site. Ce que le DoE n’a pas fait, se contentant d’une "évaluation environnementale", une procédure "beaucoup moins détaillée et contraignante", selon Stephan Volker, avocat des ONG.

Après deux ans de travail, notamment avec des experts indépendants, les activistes affirment que le Department of Energy ne prend pas assez en compte le risque sismique, particulièrement élevé dans la région californienne. "Les bâtiments ne prévoient qu’un séisme d’une accélération gravitationnelle de 0,6, alors que les secousses atteignent parfois 1,0 dans la région", affirme l’avocat des ONG, spécialiste du droit environnemental.

Les responsables associatifs affirment aussi que le Department of Energy n’a pas mené d’études sur le risque terroriste pour ces deux laboratoires, qui constitueraient pourtant des cibles potentielles en raison des agents pathogènes qu’ils contiendront.

Des tremblements de terre ? Des terroristes ? Où ça ?

Mis en cause, les responsables des laboratoires de Livermore et Los Alamos réfutent en bloc les accusations des activistes. "Ce bâtiment est prévu pour résister au pire tremblement de terre des mille prochaines années !", tonne Stephen Wampler, porte-parole du site de Livermore, qui affirme que les extensions sont construites selon les mêmes critères de sécurité sismique que les commissariats, les casernes de pompiers et les hôpitaux.

Concernant le risque terroriste, le porte-parole de Livermore affiche la même incrédulité : "Je ne vois pas pourquoi des terroristes essaieraient de s’introduire dans notre labo, qui est gardé par des agents armés." Sans donner plus de détails.

Les activistes laissent aux tribunaux le soin de trancher la polémique. Et se montrent optimistes : "Nous pensons que, si les études sont menées correctement, les deux projets d’extensions pourraient être stoppées, au vu des risques qu’ils entraînent", affirme Geoff Petrie, de Nuclear Watch New Mexico.

Concrètement, la plainte déposée contre le DoE doit être examinée par un juge, incessament. Les ONG auront alors deux mois pour déposer une demande "d’injonction préliminaire", et tenter d’obtenir la suspension temporaire des travaux sur les sites. Stephan Volker estime avoir une "bonne chance" qu’elle soit accordée et espère un jugement avant la fin de l’année, dans cette affaire où les deux parties souhaitent aller vite.

Au-delà des cas de Los Alamos et Livermore, les activistes demandent que tout le programme national de biodéfense américain fasse aussi l’objet d’une évaluation d’impact environnemental, comme le prévoit la loi. S’ils obtenaient gain de cause, ils soulignent que la procédure obligerait le Department of Energy à rechercher les solutions alternatives à celles qu’il a choisie.

Atome, virus, même combat

"Il est évident que ces deux laboratoires pourraient être placés ailleurs, par exemple dans les structures de recherche publiques et civiles comme le National Center for Disease Control", affirme Marylia Kelley, directrice de Tri-Valley CAREs. Pour l’activiste riveraine de Livermore, les Etats-Unis se montrent "hypocrites" vis-à-vis du reste du monde et affaiblissent la portée de la Convention internationale sur les armes biologiques de 1972, dont l’administration Bush a déjà gêné les négociations l’an dernier.

"Les Etats-Unis ont fait le choix délibéré de placer, pour la première fois de son histoire, des laboratoires de recherche en biodéfense dans des sites phares de son programme nucléaire, dénonce Marylia Kelley, auteur article sur le sujet. Cette proximité est dangereuse car elle laisse penser que les recherches en biodéfense seront menées dans l’opacité totale qui entoure déjà le programme nucléaire."

Avec cette action en justice, les ONG espèrent une plus grande transparence de la part du gouvernement, garant démocratique. "Nous aimerions par exemple amener les officiels à réaffirmer que le programme national de biodéfense est purement ’défensif’, et en aucun cas ’offensif’", explique Colin King, le directeur de recherche de Nuclear Watch New Mexico. Un objectif qui semble évident, mais qui reste résolument absent des documents officiels et dont les activistes viennent à douter, au vu des développements récents de la recherche en biodéfense américaine.

Le texte de la plainte déposée par les ONG (en .pdf)
http://www.trivalleycares.org/TVC_B...

"Mixing bugs and bombs", un long article co-écrit par Marylia Kelley (Atomic Scientists):
http://www.thebulletin.org/issues/2...

Le site de Tri-Valley CAREs:
http://www.trivalleycares.org/

Le site de Nuclear Watch New Mexico
http://www.nukewatch.org/

Le site du Sunshine Project:
http://www.sunshine-project.org

Le site du Lawrence Livermore National Laboratory:
http://www.llnl.gov/

La Convention sur les armes biologiques (ONU):
http://disarmament.un.org/wmd/bwc/

Une ONG joue les inspecteurs de l’ONU aux Etats-Unis (Transfert.net):
http://www.transfert.net/a8502

L’armée américaine fait breveter une grenade pour armes biologiques (Transfert.net):
http://www.transfert.net/a8790

Les armes "non létales" américaines sont en fait mortelles (Transfert.net):
http://www.transfert.net/a8550

 
Dans la même rubrique

27/11/2003 • 19h01

Un traité onusien veut obliger les belligérants à nettoyer les "résidus explosifs de guerre"

26/11/2003 • 18h47

Pour les Etats-Unis, les essais nucléaires ne sont pas encore de l’histoire ancienne

20/11/2003 • 19h00

Les technologies de surveillance automatisée tiennent salon au Milipol 2003

19/11/2003 • 16h23

Un logiciel met tous les physiciens à la (bonne) page

17/11/2003 • 18h38

Une pétition européenne met en doute la fiabilité du vote électronique
Dossier RFID
Les étiquettes "intelligentes"
Dernières infos

28/11/2003 • 19h29

Quand le déclin de la production pétrole mondiale va-t-il débuter ?

28/11/2003 • 19h19

Les réserves de pétrole sont dangereusement surévaluées, dénonce un groupe d’experts

28/11/2003 • 18h33

La Criirad porte plainte contre la Cogema pour avoir diffusé des infos sur les déchets nucléaires

27/11/2003 • 17h14

La Cnil met les"étiquettes intelligentes" sur sa liste noire

26/11/2003 • 19h06

"The Meatrix", un modèle de dessin animé militant, hilarant et viral

26/11/2003 • 18h54

Un observatoire associatif pour lutter contre les inégalités

25/11/2003 • 19h13

Les hébergeurs indépendants ne sont toujours pas responsables, pour l’instant

25/11/2003 • 19h04

Les licences Creative Commons bientôt disponibles en français

24/11/2003 • 22h09

EDF refuse d’étudier la résistance de l’EPR à une attaque de type 11-septembre

24/11/2003 • 18h36

La Grèce bannit la biométrie de ses aéroports à un an des Jeux olympiques

24/11/2003 • 18h16

10 000 manifestants réclament la fermeture de la School of Americas

21/11/2003 • 19h36

Deux affaires judiciaires relancent la polémique sur la responsabilité des hébergeurs

21/11/2003 • 19h04

Un anti-raciste poursuivi en justice pour antisémitisme

21/11/2003 • 18h48

Le festival Jonctions confronte art, technologies et éthique

20/11/2003 • 19h28

Un fonctionnaire ne peut utiliser sa messagerie professionnelle à des fins religieuses


Contacts |  Haut de page |  Archives
Tous droits réservés | © Transfert.net | Accueil
Logiciels libres |  Confidentialité |  Revue de presse